17 août - Japon : la mission MMX s'apprête à explorer les lunes de…
Au sommaire
- Japon : la mission MMX s'apprête à explorer les lunes de Mars - Phys.org - latest science and technology news stories
- Évolution : des coléoptères chasseurs d'escargots se diversifient au sein d'une même grande île - Phys.org - latest science and technology news stories
- Réchauffement de 300 millions d'années : les leçons pour le point de bascule climatique actuel - Les dernières actualités de Futura
- Ostéoporose : un récepteur cellulaire ouvre la voie à un renforcement osseux réel - Les dernières actualités de Futura
- CRISPR : deux chiots beagle élevés sans protéine allergène, une première mondiale - Phys.org - latest science and technology news stories
Le bulletin
Bonjour, voici votre bulletin Sciences du lundi 17 août 2026.
Commençons par les étoiles. Le Japon s'apprête à lancer la mission MMX - Martian Moons eXploration - depuis le centre spatial de Tanegashima. L'objectif : orbiter autour de Mars pendant trois ans, se poser sur Phobos, et ramener au moins dix grammes d'échantillons de sa surface en 2031. À bord, un rover français baptisé IDEFIX - du nom du chien du héros de la bande dessinée Astérix. La mission cherche à trancher un vieux débat : les lunes de Mars sont-elles les débris d'un impact avec une autre planète, ou des astéroïdes capturés par la gravité martienne ? La réponse pourrait nous renseigner sur les mécanismes qui ont apporté l'eau et les molécules organiques sur les planètes rocheuses du système solaire - et donc sur les conditions d'apparition de la vie. La JAXA travaille avec la France, l'Allemagne, la NASA et l'Agence spatiale européenne. Et Phobos pourrait servir de « station spatiale naturelle » pour de futurs vols habités vers Mars.
Continuons avec une découverte plus discrète mais fascinante, depuis le Japon toujours. Des chercheurs des universités de Toho, de Kyoto et du Musée national des Sciences de la Nature ont étudié les coléoptères du genre Carabus blaptoides - des insectes sans ailes qui chassent les escargots. Leur morphologie est conditionnée par leur proie : les coléoptères à tête longue et étroite s'introduisent dans les grandes coquilles, ceux à mandibules puissantes et tête courte broient les petites. Ce qui est nouveau, c'est que cette diversification adaptative se produit non seulement entre îles, mais aussi à l'intérieur d'une même grande île - Honshu, la principale île japonaise. La limite géographique suffit à isoler les populations, même sans bras de mer.
Sur la question climatique, une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences nous rappelle qu'il y a trois cent quatre millions d'années, la Terre a connu un réchauffement brutal, provoqué par une hausse du méthane dans l'atmosphère. En dix mille ans, la température moyenne a grimpé de sept degrés - ce qui semble lent, mais était considérable à l'échelle géologique. Les chercheurs chinois qui ont mené cette étude s'intéressent au point de bascule atteint à cette époque : l'activité volcanique, l'orbite terrestre et les radiations solaires se sont combinées pour déclencher une cascade de conséquences. La leçon pour aujourd'hui ? Notre réchauffement actuel, cent fois plus rapide, pourrait atteindre ce même type de point de non-retour - avec la fonte du permafrost libérant du carbone supplémentaire, ce qui amplifie encore la hausse des températures.
Un espoir médical à présent. Des équipes des universités de Leipzig et du Shandong ont identifié un récepteur cellulaire - GPR133, aussi désigné ADGRD1 - qui joue un rôle déterminant dans la production de tissu osseux. Sur des souris privées du gène correspondant, les os deviennent fragiles, proches de l'ostéoporose. Mais lorsqu'on active ce récepteur avec une molécule appelée AP503, la solidité osseuse augmente significativement - y compris chez des souris déjà ostéoporotiques. Et l'effet se cumule avec l'exercice physique. Des millions de personnes, notamment des femmes après la ménopause, pourraient un jour bénéficier de traitements qui renforcent vraiment les os au lieu de seulement ralentir leur dégradation.
Enfin, une avancée au carrefour de la génétique et de la santé animale. Des chercheurs ont utilisé CRISPR-Cas9 pour désactiver le gène Can f 1 dans des cellules de chien - cette protéine est la principale source des allergies canines, qui touchent environ quinze pourcent de la population mondiale. Résultat : deux chiots beagle, Alfie et Bailey, nés par clonage à partir des cellules modifiées, ne produisent aucune trace détectable de la protéine allergène dans leur salive, leurs poils ou leur squames. Le séquençage du génome ne révèle aucune altération non intentionnelle. Il reste encore du chemin avant une application pratique, mais pour des millions de personnes allergiques aux chiens, la piste mérite d'être suivie.
C'est tout pour ce bulletin sciences. À demain.